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réactions à l'article «Elections pour le nouveau Conseil d’Administration du CNRS»

  • Elections pour le nouveau Conseil d’Administration du CNRS

    21 mai 2009, par Cyril

    Cette prise de position anti-vote électronique sur sauvonslarecherche me semble pour le moins incongrue :

    1. Pourquoi rejeter un outil moderne (le vote électronique) que l’on utilise nous-mêmes régulièrement ?

    2. A la louche, j’estime le coût du vieux système de vote du CNRS à au moins 30 000€ pour chaque élection :
    prospectus + bulletin de vote sur papier spécial + timbre (envoi et retour) + enveloppes... * 30000 salariés.
    Je suis donc pleinement satisfait que le CNRS se décide enfin à opter pour un vote plus économique.
    (si quelqu’un connaît le "vrai coût" de l’ancien système de vote,
    et le coût de la solution vote électronique, ce serait intéressant !
    Bien sûr cette année, il va y avoir un surcoût dû à la mise en place, qu’il convient aussi de chiffrer).

    Rappelons aussi les votes annulés pour cause de trop grand absentéisme... On peut espérer que le vote électronique limitera ces problèmes.

    3. Gain de temps appréciable que de cliquer sur un site web, plutôt que de devoir poster une lettre
    (cela m’aurait bien simplifié la vie quand j’étais en déplacement et de retour trop tard pour voter).

    4. Le système du "vieux vote CNRS" est déjà informatisé !!!!
    (code barre, etc.) donc déjà truquable, comme tout vote d’ailleurs. (Il y a des façons simples de le truquer à grande échelle sans
    que cela ne soit décelable : en gros tout se joue sur ce qui lie l’identité au code barre).
    Il n’y a donc pas de perte de sécurité à passer à un système complètement dématérialisé.

    5. Last but not least, les bugs et les hacks. Il convient en effet de ne pas être naïfs,
    ils ne sont pas à exclure, et il est important d’avoir un protocole robuste pour les détecter.
    Pour avoir déjà organisé quelques votes électroniques,
    je reste convaincu qu’il demeure utile d’avoir des assesseurs et un code open source,
    pour que par exemple nos experts (eg les membres des ANR travaillant sur le sujet)
    nous assurent que le protocole choisi est suffisamment fiable. (Je n’ai pas enquêté, mais on pourrait voir le feedback
    qu’a eu l’AMS par exemple sur son protocole de vote électronique [30 000 électeurs itou].)

    6. Et, malheureusement, nul besoin de truquer un vote électronique pour démanteler un organisme qui a une aura internationale depuis presque 70 ans...

    • Elections pour le nouveau Conseil d’Administration du CNRS

      22 mai 2009, par Chantal

      Cet appel est avant tout un plaidoyer pour une certaine cohérence scientifique que l’on peut attendre de la part d’un grand établissement comme le CNRS : il est incongru que des recherches sur le vote électronique soient financées si ce mode de vote est assez finalisé pour être utilisé ; a contrario, il est étrange d’utiliser un mode de vote pour lequel des questions aussi fondamentales que la sécurité, l’audit et l’établissement des protocoles doivent faire l’objet de recherche.
      Faire agir le CNRS comme si cet établissement était incapable de tenir un raisonnement scientifique cohérent est aussi une manière de précipiter sa chute.

      Sur le fond, je remarque que ce nouveau mode de vote est incontestablement moderne, mais aussi que cette qualité d’"être moderne" n’est pas un gage d’amélioration (en d’autres temps, les pommades radioactives, l’usage de l’amiante ont aussi été modernes...).
      Les recherches portant sur le vote électronique et ses usages ont fait apparaître des questionnements éthiques et pratiques. Entre autres, il apparaît que, contrairement aux idées propagées, l’usage du vote par internet ne fait pas augmenter la participation. Plus fondamentalement, des propriétés intimement liées à la réalité physique du matériel de vote (bulletins) disparaissent lorsque ces objets deviennent virtuels. La conjonction de l’anonymat et de la dématérialisation pose des problèmes inédits, non encore résolus.

      Vous pouvez lire l’article "Analyse des vulnérabilités de trois modes de vote à distance". Un des systèmes dont il est question est, justement, le système de vote avec code-barres utilisé au CNRS, et également "Vote par internet : failles techniques et recul démocratique" qui examine différents déploiements du vote électronique (Estonie, Suisse, Etats-Unis, France, etc.). Ces articles sont faciles à trouver sur internet, ils sont également référencés sur ce site à la fin de l’article "Élections CA CNRS : pour information".

      • Elections pour le nouveau Conseil d’Administration du CNRS

        22 mai 2009, par Cyril

        Votre argument est étrange :

        Doit-on arrêter d’utiliser le mail sous prétexte que de nombreuses équipes internationales recherchent de meilleurs protocoles de mails ?

        Doit-on arrêter d’utiliser les cartes à puces sous prétexte qu’on fait encore de la recherche sur le DES/RSA & co ?

        Doit-on arrêter d’utiliser Linux ou Windows car ils ont des bugs ?

        Pour ces exemples, c’est notamment grâce à l’utilisation massive que des progrès ont été faits
        (pour des raisons différentes et avec certes des forces d’inerties diverses...).

        Il en sera bien sûr de même pour le vote électronique, et je suis heureux que le CNRS y contribue dès cette année,
        plutôt que prendre le train en marche quand bien d’autres l’auront fait. J’espère que les divers chercheurs des ANR
        travaillant sur le sujet sauront rebondir sur cette opportunité pour améliorer dans les années à venir le protocole électronique actuel.

        Par ailleurs, tant que des effets négatifs irréparables (comme le cancer pour l’amiante, etc) ne sont pas envisagés si l’on utilise le vote électronique,
        il n’y a pas lieu de recourir au principe de précaution, sinon on ne fait plus rien en ce bas monde !
        Et je suis prêt à considérer la démocratie comme une entité vivante à la santé fragile ;-)

        J’ai lu vos articles et je rejoins vos analyses : les systèmes électroniques ne sont pas parfaits (et ne le seront jamais, c’est presque un théorème d’informatique que nul système n’est inviolable, et le grand public qui n’en a pas forcément conscience peut pécher par excès de credo in silico), toutefois je trouve votre conclusion (et la pétition que vous soutenez) biaisée car elle ne met pas en regard les nombreux désavantages du système actuel.

        En l’état actuel, les inconvénients, les problèmes de sécurité et le coût exorbitant de l’ancien système me semblent plus gênants
        que ceux du nouveau système (plus informatisé).

        Pour finir, il me semble plus utile de s’investir pour avoir un regard complet sur le protocole (quel est le pouvoir, la composition, l’historique du comité technique de surveillance ?) que de sembler faire un combat d’arrière-garde en appelant au boycott et en lançant une pétition pour un retour au statu-quo.

        • Elections pour le nouveau Conseil d’Administration du CNRS

          23 mai 2009, par Chantal

          Il semble que vous n’ayez pas encore appréhendé les difficultés très spécifiques de l’informatisation d’une procédure de vote. Il s’agit d’un sujet difficile, voire traitre, car il semble simple alors qu’il est très complexe (une sorte de faux ami).

          Ces difficultés sont dues à la conjonction de l’anonymat et de la dématérialisation, que complique encore l’exigence de transparence.

          Les exemples de transactions informatiques que vous citez ne sont pas anonymes. Qu’il s’agisse de cartes à puces ou d’envois de mèles, les parties en présence sont clairement identifiées, les dysfonctionnements sont facilement décelés et les conséquences sont corrigées. En revanche, dans le domaine des élections, ces usages ne sont plus valides. A cause de l’anonymat, des dysfonctionnements massifs peuvent passer inaperçus ; à cause de l’anonymat, il n’est pas permis de mettre en place un suivi fin des traitements appliqués aux choix exprimés par les électeurs (les fichiers logs assez complets pour tracer de bout en bout sont interdits).

          De même, les bugs des applications ou systèmes informatiques que nous utilisons sont décelables car nous sommes en mesure de prédire leur comportement. Or les résultats d’un système de vote ne sont pas prédictibles : nul ne connaît à l’avance le résultats d’une élection.

          L’exigence de transparence est une question éthique (respect des droits fondamentaux des électeurs). La transparence est la pierre angulaire des élections démocratiques car elle fonde la légitimité des élus - dixit l’OSCE - (vous pouvez consulter à ce sujet l’article "Transparency in Electronic Voting : the Great Challenge", facile à trouver sur internet).
          D’ailleurs, en français, le mot "scrutin", synonyme d’"elections" nous rappelle ce lien. Il vient du mot latin "scrutinium" (action de fouiller, de scruter) qui a également donné "scrutateur".
          La procédure de vote utilisée pour les élections du CNRS n’autorise aucune transparence directe. Il n’y a pas de scrutateurs.

          Il n’existe actuellement aucune procédure de vote électronique qui satisfasse les contraintes que j’ai exposées. C’est donc peu dire que les systèmes de vote électroniques ne sont pas parfaits. Les recherches menées dans ce domaine ne visent pas à améliorer des procédures existantes mais à simplement à en créer une qui respecte les conditions minimales d’une élection démocratique.

          Enfin, le coût d’une élection par internet est beaucoup plus élevé que ce que vous semblez estimer "à la louche" car des couches de complexité ont été empilées pour masquer les difficultés non résolues. Cette promesse de baisse des coûts doit être examinée avec beaucoup de vigilance. Elle rappelle la promesse (non tenue) d’augmentation de la participation.

          PS : L’argument que j’ai exposé au sujet de l’amiante ne visait évidemment pas à démontrer des conséquences sanitaires néfastes du vote par internet ;-), mais à expliquer que l’argument "c’est moderne et je l’utilise donc c’est bien" (votre première objection) n’est pas valide.

          Cordialement.

  • Elections pour le nouveau Conseil d’Administration du CNRS

    13 mai 2009, par visiteur

    Le vote électronique, c’est ce dont va se servir Sarkozy pour se faire réélire, comme l’a fait, entre autres, Berlusconi en Italie.

    Il faut, à tout prix refuser ce mode de scrutin qui ouvre la porte toute grande aux fraudes, surtout de la part de ceux en qui on ne peut pas avoir confiance !

    • Elections pour le nouveau Conseil d’Administration du CNRS

      17 mai 2009, par Chantal

      La fraude (défaut de sûreté) n’est pas la plus grande menace.
      Il ne faut pas sous-estimer les risques de simples dysfonctionnements (défaut de fiabilité), bien plus courants que les fraudes. Comme la justesse des résultats d’un vote électronique ne peut être vérifiée, un dysfonctionnement ayant des effets importants sur le comptage des votes obtenus par chaque candidat, mais pas sur le nombre total de voix, ne peut être détecté.

      Il n’est pas si rare de rencontrer des comportements parfois surprenants sur des applications web ou des logiciels qui habituellement marchent bien (ou ont semblé bien marcher)... et qui n’ont pas été fraudés.