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réactions à l'article «Communiqué de presse Enquête auprès des précaires de la recherche et de l’enseignement supérieur : premiers résultats provisoires»

  • Communiqué de presse Enquête auprès des précaires de la recherche et de l’enseignement supérieur : premiers résultats provisoires

    13 décembre 2009, par Chercheur en astrophysique

    Les chiffres sont à peine meilleurs en sciences dites dures. Malheureusement, de ce que je vois, ils ne sont pas près de diminuer. D’abord le soutien de base est en chute libre dans les labos. Alors que les chercheurs, j’en suis un, sont dans l’ensemble toujours plus ambitieux et veulent, comme tout le monde, vivre (travailler) au dessus de leurs moyens. Donc nous cherchons à obtenir des contrats, avec lesquels nous pouvons aussi nous payer des cerveaux pendant quelques années. Ensuite, les commissions de recrutement sur poste permanent, composées par les chercheurs, ceux là même qui s’insurgent contre la précarisation, ne recrutent que les candidats qui ont le CV formaté standard (notamment en âge absolu et en nombre d’années après la thèse) sans rien qui dépasse. Ce serait dû, de ce que j’entends, au fort facteur de pression et à la longue file d’attente.

    Donc, presque tous les profils atypiques, quand bien même brillants, sont de facto exclus du système. Voilà pourquoi certains constatent et déclarent qu’il n’auront jamais accès au poste permanent. Et voilà pourquoi
    les femmes (qui ont fait un break, enfant ou suivi du conjoint oblige) et les quadra/quinqua (qui sortent
    des clous, car trop vieux) sont plus précaires que les autres.

    On peut toujours s’insurger contre le fait que la baisse du soutien de base et le faible nombre de postes sont le fait du gouvernement. Certes. Mais à notre niveau, en tant que chercheurs, ne pourrions nous pas un peu réfléchir nous même ? Combien de fois ai je entendu de la part de collègues "nous leur donnons la chance de travailler dans un labo" ou encore "il faut prendre plein d’étudiants pour avoir une chance d’en caser un" ? Les chercheurs, nous, avons notre part de responsabilité. Qu’il faut assumer. Si on s’insurge vraiment contre la précarité, peut être ne faut il pas prendre (tant) de thésitifs, et ne pas courir après les contrats ANR, FP7, ERC, etc qui nous payent des postdocs pour quelques années seulement ? Mais... qui refuse le jeu ? J’en connais, mais très peu. Et je vois de nombreux esprits moralisateurs qui le jouent, eux, ce jeu de la précarité, tout en allant manifester dans la rue contre l’ANR.

    Ce que je veux dire, c’est que la majorité des chercheurs déplorent la précarisation, et en même temps contribuent à la créer. Certes sous la pression. Mais quand même, personne ne force les chercheurs à embaucher N thésitifs et M postdocs. Dans 1984, George Orwell parlait de "double pensée". Elle n’est malheureusement pas l’apanage exclusif de la classe dirigeante, comme dans la livre. Ca se fait aussi à la base, dans les labos. Je n’en suis pas exclu, et je n’ai pas de solution à mon niveau.

    Si les "contractuels" étaient sur des contrats "renouvelables", ou des CDI, ce serait déjà un grand progrès. En cela, notre pays est loin de "l’américanisation" dont certains parlent. Là bas, un "précaire" ne se retrouve jamais sur la carreau s’il est bon. Dans la plupart des pays d’Europe, France comprise, si. A cette remarque, la Commission Européenne répond que sa politique est celle des états membres qui la financent. Aucun espoir à attendre de l’échelle Europe, donc, sur le sujet.

    Finalement, au niveau des établissements français, les CDI de la LRU ne seraient il pas la solution ?

    En attendant, conseil au jeunes qui démarrent une thèse : ne vous mariez pas, ne faites pas d’enfants, donnez vous une discpline forte pour ne pas sortir des clous pavés par les commissions de recrutement, dont vous devez obtenir les règles par tous les moyens. Un sacerdoce, quoi...

    • Communiqué de presse Enquête auprès des précaires de la recherche et de l’enseignement supérieur : premiers résultats provisoires

      22 décembre 2009, par Henni Ouerdane

      Bonjour,

      ce que vous dites :

      "[...] les commissions de recrutement sur poste permanent, composées par les chercheurs, ceux là même qui s’insurgent contre la précarisation, ne recrutent que les candidats qui ont le CV formaté standard."

      "[...] presque tous les profils atypiques, quand bien même brillants, sont de facto exclus du système."

      "Mais... qui refuse le jeu ? J’en connais, mais très peu. Et je vois de nombreux esprits moralisateurs qui le jouent, eux, ce jeu de la précarité, tout en allant manifester dans la rue contre l’ANR."

      "[...] la majorité des chercheurs déplorent la précarisation, et en même temps contribuent à la créer."

      est malheureusement tellement vrai ! Et cela n’est pas près de changer.

      Cordialement,

      Henni Ouerdane,
      physicien précaire prochainement au pôle emploi à tenter de faire valoir son profil soi-disant "atypique".

  • Communiqué de presse Enquête auprès des précaires de la recherche et de l’enseignement supérieur : premiers résultats provisoires

    5 décembre 2009, par kali

    63% traites comme des chiens par le systeme, veulent continuer !!
    aucune raison que ca change alors...