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réactions à l'article « Appel contre la guerre à l’intelligence " Les Inrockuptibles.»

  • > Appel contre la guerre à l’intelligence " Les Inrockuptibles.

    16 septembre 2004, par Lili

    Depuis plusieurs années je fréquente les labos de recherche et je peux témoigner que dans certains secteurs il n’est point besoin de faire la guerre à l’intelligence car elle a depuis longtemps rendu les armes !!!!!

    Je pourrais citer le nom de nombreux "chercheurs" qui n’ont rien publié depuis des années et pour cause, il ne font aucune recherche ... Sinon comment expliquer qu’on puisse encore être maître de conf’ à 50 ans passés ...

  • > Appel contre la guerre à l’intelligence " Les Inrockuptibles.

    11 mars 2004, par Gilles B. 39 ans. Education nationale

    J’ ai signé l’ appel. Pour que mes filles, nos enfants, ne me reprochent pas dans 10 ans d’ avoir fermé les yeux, de les avoir sacrifié encore un peu plus comme des moutons sur l’ autel de la pauvreté d’ esprit , de la non création , du retour à l’ obscurantisme ultra libéral, à la "busherie" française. Reveillons nous, c’ est Mozart qu’on assassine !

  • Des differents types d’intelligence.

    11 mars 2004, par jean luc

    Bien sur ,il y a celle de l’ESPRIT(incluant non exclusivement celle des professions intellectuelles).
    Celle de la MAIN(tout aussi respectable mais recemment redecouverte par M RAFFARIN comme illustration de son concept populiste et diviseur"France d’en haut,France d’en bas")Il sera de bon ton qu’elle s’accompagne d’une intelligence du SAVOIR VIVRE quand on la licenciera sans vergogne et qu’on lui demandera,sous peine d’accusation de corporatisme ou d’obstacle au progres ,de se taire.
    Celle du COEUR:poncif d’une France du milieu ?
    Et puis celle du SOURIRE,recemment apparue et qui devrait intriguer les ethologues.
    Elle s’est manifestee a la sortie d’un ministere ou de Matignon sur les levres de M DAGUIN(representant des restaurateurs,peut etre pas de leurs employes)qui venait de recevoir ,le naif ?,un gros cadeau sous forme d’allegements de charges et qui a declare :"Nous ne voterons peut etre pas comme les chercheurs !"(il avait menace d’un vote FN).
    Finalement pas besoin d’ethologue.Il ne s’agit que d’un reflexe corporatistement pavlovien d’un monsieur qui n’a pas le panache de cracher dans la soupe et qui dans ce
    climat me rappelle le mot de CELINE:l’Homme ,reduit a ce qu’il est,c’est a dire a rien.
    Donc,pour qu’on ne vous taxe pas encore d’elitisme,vous les scientifiques dans votre tour d’ivoire,enseignants ,intermittents du spectacle,et autres meprises de nos liberaux,de "corporatistes"vous les licencies forcement corporatistes et vous les chomeurs qui "n’avez surement pas pris vos responsabilites"
    FAITES COMME M DAGUIN(et mieux meme):MANIPULEZ CYNIQUEMENT L’ARME ELECTORALE(pas dans le meme sens)
    (Des responsables syndicaux medecins ont appele au vote anti UMP,ces "corporatistes")
    Encore un mot:Quelqu’un de vous peut il m’assurer que le mepris ne fait pas le lit du terrorisme,qu’il est toujours irrationnel ,a moins que par les temps qui courrent il ne soit necessaire de penser aussi l’irrationnel ?Nos liberaux purs et durs en sont ils capables ?

  • > Appel contre la guerre à l’intelligence " Les Inrockuptibles.

    9 mars 2004, par bibo

    bonjour,
    j’ai signé cet appel me sentant plus que concerné : étudiant (déjà c’est un premier combat) en archéologie (la c’est pas mieux), obligé de financer mes études je suis surveillant d’externat (espèce en voie de disparition...) et suis occasionellement artiste ayant mes deux parents avec le staut d’intermittent( autre espèce en voie de disparition...)

    J’hésite encore pour mon avenir intermittent en archéologie, en recherche ou en éducation !!!!!!

    alors je lance aussi mon appel ça suffit de se foutre de notre gueule en manipulant l’information et en faussant les chiffres du chomage et de la consommation. il nous faut réagir et sans plus attendre et ne pas s’abstenir lors des prochaines éléctions !!!!!!

  • > Appel contre la guerre à l’intelligence " Les Inrockuptibles.

    6 mars 2004, par Lucie

    Je souhaite signer cet article, en tant qu’étudiante se destinant à l’enseignement.

  • > Appel contre la guerre à l’intelligence " Les Inrockuptibles.

    3 mars 2004, par Jean-Baptiste Karageuzian

    Bonjour,

    Vous rendez vous compte, toutes les personnes signataires, que vous signez dans le vent ? Autant uriner dans un Stradivarius. Le problème de ce document c’est qu’il mélange tout, intermittents, chercheurs, urgentistes, psychanalistes et juges. Combien de causes ? Est ce les mêmes dossiers ? Alors oui les Inrocks font dans le populisme de gauche. On simplifie, on mélange tout, on rameute les mécontents et on en profite pour vendre notre journal (de musique au départ). L’intellectualisation à outrance des problèmes que rencontre notre société cache plutot une misère morale qu’une misère économique.

    Oui, il nous faut des chercheurs correctements financés.
    Oui, il nous faut des intermittents du spectacle pouvant se loger meme pendant les périodes creuses.
    Oui, il nous faut des juges compétents, pas surchargés.
    Oui il faut des médecins de qualité, du personel soignant bien formés.

    Mais nous n’avons pas besoin d’une réponse universelle à tous les problème de notre petit univers.

    Vous êtes intelligents ? Réfléchissez, proposez, créez. Arrêtez s’il vous plaît de raler que c’est pire ici qu’ailleurs. Allez, c’est dit, c’est pire, maintenant, faîtes pour que ce soit moins pire, pis pareil pis un peu meilleur. Ou alors le Stradivarius va vraiment sentir la poisse, eccopez mousaillons ;).

    (Au fait, mon chat a une otite depuis que l’ampoule du salon a éclatée).

    Cordialement.

    • > Appel contre la guerre à l’intelligence " Les Inrockuptibles.

      7 mars 2004, par Guy Dufau

      il n’est pas valable ce raisonnement, Jean Baptiste,il oublie la cohérence de la politique du gouvernement Raffarin.
      Cette cohérence c’est le contenu de l’Accord Général sur le Commerce des Services,l’AGCS. Il faut dénoncer de façon précise le contenu de cet accord,et tout devient limpide :
      intermittents,chercheurs,enseignants,chomeurs et autres doivent faire front ensembles.
      L’AGCS, remplace l’AMI disparu du fait que son contenu fut mis en lumière.

    • > Appel contre la guerre à l’intelligence " Les Inrockuptibles.

      11 mars 2004, par Un signataire

      Ce qui nous rassemble

      Précarité sans droit. Comme dans toutes les sphères de la société, les emplois dans la recherche connaissent une précarisation croissante, précarisation non pas accidentelle mais structurelle. Non seulement il faut passer par au moins vingt ans de précarité, du Deug au post-doc, avant de prétendre au moindre statut, mais les postes fixes sont désormais si rares que de plus en plus de "chercheurs précaires" alternent, voire cumulent CDD avec des institutions publiques ou privées et Assedic ou RMI. Quant aux intermittents du spectacle, soi-disant trop nombreux à se reposer sur les Assedic, plus d’un tiers d’entre eux ne bénéficiaient déjà pas de leur régime spécifique d’assurance-chômage avant sa réforme. Les réformes qui attaquent les intermittents et les chercheurs, comme toutes les réformes en cours, achèvent d’instituer comme seul possible une précarité dénuée de droits sociaux, qui soumet chacun aux choix des employeurs, qu’ils soient privés ou publics. Ce n’est pas seulement la précarisation imposée de nos pratiques que nous dénonçons, mais la destruction de droits collectifs qui garantissaient la liberté de nos activités, alors même que nos systèmes de garantie de revenu dans la discontinuité de l’activité pourraient inspirer d’autres pratiques.

      Science sous contrôle et culture de l’exception.

      La destruction des droits collectifs s’accompagne d’une politique de contrôle des savoirs que nous fabriquons. Ce contrôle est frontal pour la recherche, où les grandes directions de ce qui doit être recherché sont indiquées par des directives autant nationales qu’européennes et où l’origine ciblée des financements interdit toute recherche fondamentale non médiatiquement ou financièrement justifiée. Quant au rapport Belloc, qui guide la réforme du statut des enseignants-chercheurs qui permettait jusqu’ici une certaine liberté dans leurs recherches en échange de l’obligation d’enseigner 192 heures devant un public d’étudiants, il préconise de sanctionner les recherches qui ne suivent pas les orientations thématiques choisies par des heures de cours supplémentaires. Le contrôle du temps et des pratiques accompagne le contrôle des savoirs. Cette "thématisation" de toutes les orientations de recherche rejoint le système de subventions de l’exception culturelle. Il s’agit de permettre la survivance, à côté d’une recherche et d’une industrie culturelle immédiatement rentables, de quelques "pôles d’excellence" bien contrôlés : par des orientations thématiques imposées par l’Etat pour la recherche publique, par des subventions discrétionnaires pour la culture.
      Nous refusons cette recherche dite d’excellence comme cette culture de l’exception. Nous refusons de n’avoir le choix qu’entre les lois du marché et l’excellence sous contrôle.

      Choix de vie.

      Ce que nous, chercheurs et intermittents, avons en commun dépasse la production de savoir et de sensible. C’est un certain rapport au temps irréductible à celui de l’emploi, grâce à un statut pour les uns, à un régime d’assurance-chômage pour les autres, ce sont des pratiques quotidiennes, des formes d’existence.Les réformes qui nous touchent sont du domaine du contrôle de nos fabriques, mais aussi de nos temporalités, de nos subjectivités, de nos choix de vie. Elles marquent la fin d’une certaine ouverture des professions "intellectuelles", commencée dans les années 70 avec l’explosion du nombre de professeurs, de chercheurs, d’artistes, de journalistes, photographes… En même temps qu’elles opèrent une sélection des savoirs, ces réformes sélectionnent les individus qui ont accès à la formation, aux outils de production et de diffusion, à la possibilité d’exercer ces activités. Pour les intermittents comme pour les chercheurs, il ne s’agit pas tant de défendre un statut, que de revendiquer la possibilité de fabriquer du sensible et du savoir selon nos propres temporalités, d’avoir le choix de nos modalités d’existence et de coopération, le choix de nos formes de vie, le choix de "préférer ne pas".

      Ouverture de la science et accès à la culture comme biens communs.

      Toutes les productions de l’esprit humain forment le bien commun de l’humanité. Le bien commun, c’est ce que tous ensemble nous produisons, ce qui nous appartient, à nous tous, ce qui naît, vit et meurt dans notre activité coopérative quotidienne. Chercheurs sans statuts, artistes au RMI, critiques à la pige, publics, étudiants, patients et profanes, nos mobilisations subjectives, intellectuelles et affectives tissent notre imaginaire social, nos savoirs sensibles. Le temps passé à chercher, à rêver, à bricoler, à ne rien faire, à parler, n’est pas l’apanage des artistes ou des chercheurs, il est simplement humain ; il participe de notre intelligence collective. C’est au nom de cette intelligence collective, de ce bien commun inaliénable, que nous exigeons une véritable ouverture de la science sur la société et que nous posons plus largement la question de l’accès à la culture. La question de la production et de la circulation des biens communs - la connaissance, la culture, l’information, la santé, l’enseignement - est une question "publique" par excellence. Elle ne concerne pas seulement ceux dont le métier est de les produire, mais aussi et surtout ceux pour qui et grâce à qui on les fabrique. Alors que les politiques de professionnalisation opposent producteurs et consommateurs, nous affirmons qu’entre le chercheur et le paysan, entre le malade et le médecin, entre le spectateur et l’intermittent, entre l’étudiant et le professeur des chaînes de coopération et de coproduction sont possibles. Les malades du sida nous ont déjà montré comment les recherches et expertises autour du VIH ne pouvaient se passer de leurs savoirs ni de leurs collaborations. Les choix politiques qui portent sur l’enseignement, la culture, la recherche, la santé ne touchent pas seulement les modalités de travail, les revenus de ses producteurs, les savoirs fabriqués, mais aussi et surtout les publics, leurs droits à l’accès à la connaissance, à la culture, à l’information, le coût qu’ils doivent payer pour y accéder et les contenus de ce qu’ils apprennent, voient, écoutent. Nous ne pouvons pas non plus séparer la production et la circulation des connaissances, de la question de la répartition de la richesse, puisque, dans nos sociétés, il s’agit encore et toujours de puissants dispositifs de pouvoir qui régulent l’accès ou l’exclusion aux savoirs comme aux richesses matérielles. Un sociologue nous fait remarquer que "au cours de votre vie, vous passez 33 000 heures à l’école, 63 000 heures au travail et 96 000 devant la télé. Cela veut dire que toute l’espérance de vie que vous avez gagnée depuis l’apparition de la télé, vous la passez devant le poste."
      Est-il souhaitable que tout le temps de vie gagné grâce à la recherche médicale ou à la réduction de temps de travail, nous le passions devant TF1 ? Ce qui est en jeu, en réalité, c’est la subjectivité individuelle et collective, les formes de vie, les modalités de l’être ensemble.Face à ces nouveaux dispositifs de contrôle de nos temps, de nos subjectivités, de nos vies, choisissons dès maintenant d’opposer des luttes transversales articulées par un refus commun ; entreprenons une contamination où s’affirment, contre leurs déserts, nos mondes. Texte collectif issu de réunions entre intermittents, enseignants, étudiants, chercheurs, précaires au sein de la commission écoles de la coordination des intermittents et précaires d’Ile-de-France.

    • > Appel contre la guerre à l’intelligence " Les Inrockuptibles.

      12 mars 2004, par Philippe DEBAY

      Jean-Baptiste permet moi une petite réflexion.
      Dans les sociétés en crise les citoyens rouspètent, c’est une réaction non constructive mais naturelle, biologique en quelque sorte.
      1789, les cahiers de doléances(rouspétance) ont été suivis par l’alliance d’une certaine élite avec les gens d’en bas(les sans-culottes) c’est à dire finalement un type de populisme.Tu connais la suite…
      Les sociétés qui sont dans ces situations instables voient peut être leur état s’aggraver à cause de la réaction inappropriée de la classe dirigeante du moment qui croit tout savoir mais qui en fait est surtout handicapée par une surdité. Les doléances ne peuvent-elles pas aussi aider une "classe dirigeante"(les politiques et leur myriade de conseillers spécialistes dans tous les domaines constituant les cabinets ministériels) à travailler et à réfléchir ?
      Conclusion pour sourire : quand on dirige on peut passer la main et se mettre en arrêt de travail ou plus utilement s’achèter une prothèse acoustique et continuer à travailler !
      Cordialement

  • > Appel contre la guerre à l’intelligence " Les Inrockuptibles.

    3 mars 2004, par Jérôme BUZZI

    L’amalgame de différents mouvements de protestation pour créer une force politique est certainement de bonne guerre, mais est-ce la notre ?

    Je crois qu’il est urgent au contraire de développer une réflexion précise sur l’avenir de la recherche qui puisse convaincre largement et déboucher sur de réelles avancées - l’inverse du grand mélange auquel on nous invite ici.

  • Penser, envers et contre tout

    1er mars 2004, par Eric

    On aura beau récrier, geindre, s’insurger en faux ou je ne sais quoi, oui, il y a une guerre faite à l’intelligence et c’est pas de sitôt, intellectuel, ça craint et depuis un moment encore, si l’on prend peine d’écouter la rue c’est à dire le brouhaha régurgité depuis l’hydre télévisuelle on entend balancé ça, intellectuel, comme pédé, youpin, bougnoule, propos de rue, affirmations depuis peu gouvernementales carrément, il faut bien comprendre que les barons des industries lourdes et des économies croissantes n’aiment pas trop qu’on viennent leur casser les pieds avec des idées, et pour cause : les idées, ça consomme pas son comptant de merdes à valeur ajoutée, les idées ça va pas pointer à sept heures du matin, ça aime pas se démener sur des machines, les idées ça se fout du confort, c’est l’instrument du libre et du temps étiré, alors tu penses bien qu’ils ne vont tout de même pas encourager qui nous sommes à en avoir, faudrait tout de même pas rêver.

    On peut le lire dans pas mal d’endroit, ici aussi et depuis le début, on n’invente rien, on se répète et c’est navrant, fatiguant, ennuyeux, désespérant, en encore semble t’il que dans la pétition lancée contre la guerre faite à l’intelligence les inrocks n’évoquent-ils que la dérive politique mais il en est une de fond, sournoise, serpentant dans les médias à gros tirages et dans nos esprits, la question de l’important et de l’accessoire, mais voit-on que le mot culture s’emploie aussi bien pour la terre que la tête ? Voit-on que les mêmes vocables servent au ventre et à l’âme ?

    Je rêve d’un autre quatre vingt neuf, à ça ira, ça ira, et aux grilles du palais cette fois-ci, ce ne sera ni pour le pain, ni pour les jeux, mais juste pour qu’on nous rétablisse la lumière, bordel, qu’on remette le jus, qu’on remplace les fusibles, et j’en connais qui feraient bien de s’inquiéter de trouver comment ils occuperont l’ennui d’entre les repas, une fois en geôle, à la Bastille.

  • > Appel contre la guerre à l’intelligence " Les Inrockuptibles.

    28 février 2004, par André Virasolvy

    De : a-vira@easysonnect.fr
    A : appel@inrocks.com

    Bonjour,
    Votre appel pour défendre une forme d’intelligence, privée d’une partie de la ressource argent par les pouvoirs en place, mérite une recherche plus approfondie sur la cause de cette tentative de régression dans le développement de la recherche. Voici une explication soumise à la libre réflexion.
    Comme toute chose, l’intelligence évolue en fonction des mouvements continuels des inégalités, mais jusqu’alors, ce phénomène a échappé à l’attention des chercheurs. La Loi de l’inégalité n’est pas encore entrée dans le grand livre de la connaissance universelle et tant qu’il en sera ainsi, ses ravages ne pourront que s’amplifier. Pour l’instant, l’humanité continue de subir les mouvements désordonnés des inégalités, et les plus défavorisés en supportent d’effroyables conséquences. Ces effets de la Loi sous formes de pauvreté, misère, souffrances, exclusions, chômage, précarité, délinquances, désastres écologiques, pollutions, corruptions, despotisme, conflits sociaux, insécurité, révoltes, guerres, etc. sont continuellement énoncés par les médias et les bonnes consciences les réprouvent, sans exprimer la moindre volonté d’en rechercher la cause.
    Au départ de son évolution l’homme était ignorant et il a commencé par devenir intelligent en constatant qu’il existait des phénomènes qui dépassaient son entendement. Ensuite, certains se sont agenouillés devant ces phénomènes qu’ils considéraient surnaturels, et ils ont institué des croyances et des religions. D’autres se sont interrogés, et ils ont recherché des explications rationnelles à ces phénomènes. Depuis, deux formes d’intelligences s’affrontent, et aujourd’hui encore, ils sont très nombreux et majoritaires, ceux qui réprouvent les conséquences désastreuses du système économique fondé sur l’inégalité des droits, mais sans jamais le mettre en cause. A l’opposé, ils sont peu nombreux ceux qui s’évertuent à expliquer que les droits inégaux institués entraînent systématiquement l’accroissement des inégalités, la progression infernale de l’endettement, l’aggravation des déséquilibres économiques et sociaux et la marche inexorable vers l’explosion sociale, qui sera provoquée par les victimes du système, car ils ne pourront pas indéfiniment supporter les carences et l’irresponsabilité des dirigeants de tous bords.
    S’attaquer aux dirigeants est une forme d’intelligence primaire qui limite son observation aux effets sans se préoccuper de leur cause. Les dirigeants actuels ne sont que les effets d’un système politique, économique et social fondée sur l’inégalité des droits. Ce ne sont pas eux qui ont institué la totalité des droits inégaux, mais dominé par l’inégalité négative ils s’acharnent à en instituer de nouveaux sans se soucier de leurs conséquences, et cela ne fait que confirmer notre ignorance sur la place prédominante et fondamentale de l’inégalité dans notre existence.
    Dans une société qui s’est progressivement organisée en instituant des droits inégaux, le but de ceux qui s’estiment les plus intelligents est de chercher à occuper les fonctions qui permettent d’exercer légalement ces droits inégaux. Les fonctions les plus efficaces sont les différentes formes de pouvoirs politiques, religieux, judiciaires, médiatiques, et bien évidemment, financiers. Le droit de propriété des moyens de production en général, et plus particulièrement le droit de contrôler les grandes entreprises multinationales permet de créer des fonctions omnipotentes qui exercent un phénoménal pouvoir sur l’économie. Ceux ou celles qui parviennent à occuper ces fonctions se moquent éperdument de l’intérêt général, puisque leur but est d’exercer des droits inégaux sur l’argent que leur fonction leur donne le droit de le gérer, puis de le répartir selon leur bon vouloir, mais pas de le gagner. Ceux qui le gagnent sont ceux et celles qui par leur travail produisent les richesses, mais qui n’ont aucun droit sur le fruit de leur travail. Les droits inégaux institués les obligent à abandonner leurs droits les plus légitimes sur le produit de leur travail au profit du ou, des propriétaires de l’entreprise, et cela nous à conduit à une société déstabilisée, totalement désabusée.
    Cette situation n’est pas nouvelle, mais si les explications sur l’organisation déplorable de la société ne sont toujours pas d’actualités, il ne peut y avoir que trois raisons. Soit que les chercheurs ne parviennent pas à se faire entendre pour communiquer les résultats de leurs recherches. Soit que ces résultats apparaissent erronés en rabâchant les mêmes litanies qui n’apportent aucune explication valable, ni aucune solution. Soit que les chercheurs n’ont pas encore pris conscience du sujet sur lequel ils vont devoir orienter leurs recherches. Ils cherchent le sujet qui va leur permettre de construire une thèse magistrale sur le fonctionnement de l’humanité, mais totalement dominés par l’inégalité négative, ils ne parviennent pas à le découvrir. Les mauvais chercheurs cherchent sur quoi ils vont chercher.
    Il est prévisible que cette situation ne pourra pas durer indéfiniment et qu’inévitablement l’intelligence positive finira par démontrer que chaque individu va être obligé de se prononcer sur l’inégalité des droits. Ceux et celles qui en subissent légalement les conséquences finiront par en prendre conscience, puisque ce sont les fonctions instituées qui décident des rapports socio-économiques entre les individus qui composent l’entreprise. Il y a ceux qui ont tous les droits, les propriétaires, et ceux qui ont le droit de recevoir un salaire, les salariés. Le jour où des salariés revendiqueront l’égalité des droits sur les résultats de leur travail, il appartiendra aux chercheurs de leur démontrer si cette revendication est injustifiée ou justifiable et salvatrice.
    Pour l’instant, il y a conflit dans l’entreprise entre les propriétaires qui peuvent légalement exercer des droits inégaux, et les salariés qui n’ont aucun droit sur les résultats de leur travail. Pour obtenir un maximum de profits, la valeur totale des produits du travail doit continuellement progresser et le montant total des salaires se stabiliser et éventuellement régresser. En généralisant cette pratique des droits inégaux, on est en droit de se demander comment vont faire les salariés pour consommer ce qu’ils produisent, puisqu’ils ne reçoivent pas un pouvoir d’achat correspondant à la valeur totale des produits de leur travail. La différence entre le pouvoir d’achat des salariés, et la valeur totale des produits de leur travail représente les profits qui ne cessent de croître. Dans ce système fondé sur l’inégalité des droits, pour consommer ce qu’ils produisent, les salariés sont obligés de s’endetter. Une fois engagé, l’endettement ne peut plus s’arrêter, car c’est le seul moyen pour consommer l’accroissement des productions, puisque les salariés ne reçoivent pas un pouvoir d’achat correspondant à cette progression. Le remboursement de la dette majorée des intérêts a pour conséquence de réduire continuellement le pouvoir d’achat par rapport aux produits du travail proposés sur le marché. En hypothéquant l’avenir, l’endettement accélère les déséquilibres économiques et une quantité croissante de la population est privée d’argent, alors qu’il prolifère en s’accumulant dans la finance.
    En instituant l’argent qui est une unité de mesure pour évaluer et échanger toute chose, les politiques ont jugé utile de dépasser le troc en facilitant les échanges. Depuis, les chercheurs en économie n’ont jamais cessé d’énoncer des théories erronées qui ont conduit à enseigner que l’argent, le capital, était plus important que le travail. La Loi de l’inégalité a totalement échappé à ce type de chercheurs, plus enclins à rechercher les moyens d’accumuler l’argent, que de réfléchir sur les mouvements des inégalités et la progression des déséquilibres économiques. Puisque le rôle et la présence de l’argent est de pouvoir attribuer une valeur à toute chose, il est évident qu’il détient les facultés de se créer automatiquement, dès l’instant où il y a valorisation et échange d’un bien, produit ou service. Si la quantité totale d’argent en circulation dans l’économie est suffisante pour assurer les échanges, aucun problème. Mais si cette quantité est insuffisante en fonction de l’accroissement des productions, d’une forte augmentation des prix ou d’une importante ponction de la finance sous forme de profits, les banques répercutent ce besoin d’argent auprès de l’institution d’émission qui entérine un accroissement de la masse monétaire, c’est l’inflation. Une fois créé, l’argent ne peut pus disparaître. Lorsque l’un le dépense, un autre le reçoit, ce qui démontre que l’argent ne pose qu’un seul problème, au moment où il vient continuellement régénérer sa valeur par la création permanente des biens, produits et services nécessaires à notre existence. Le problème réside dans la répartition de l’argent reçu en échange des biens, produits ou services réalisés. Si ces réalisations sont l’œuvre d’une seule personne, le problème de répartition est vite réglé, mais si elles résultent du travail de plusieurs personnes, voir de dizaines, centaines ou milliers de salariés, le problème de la répartition de l’argent provenant de la vente des produits de leur travail devrait normalement attirer l’attention des chercheurs intelligents.
    Il n’est pas concevable de demander aux grands bénéficiaires des droits inégaux qui sont sous l’emprise de l’inégalité négative, de chercher à savoir pourquoi ils deviennent de plus en plus riches, alors qu’à l’opposé le nombre de précaires et de pauvres ne fait que progresser. Par contre, il est parfaitement concevable de chercher à savoir pourquoi les chercheurs se limitent à constater cette situation, sans exprimer la moindre volonté d’en rechercher la cause. Même en leur suggérant que les droits inégaux institués sont la cause de tous les problèmes de société, il est probable qu’en majorité, les chercheurs en titre ne chercheront même pas à savoir si la Loi de l’inégalité existe réellement. De ce fait, ils se priveront d’eux-mêmes de la possibilité de trouver la solution à leurs problèmes d’argent qui se résume à revendiquer et à obtenir l’égalité des droits économiques dans la répartition de l’enrichissement, seul moyen d’arrêter l’accroissement des inégalités et d’assurer rapidement une prospérité généralisée.
    Il ne faut pas avoir d’inquiétude sur l’intelligence, car à l’inverse de ceux qui exercent inconsciemment des droits inégaux institués, les chercheurs intelligents sont beaucoup plus nombreux que le laisse supposer la situation. Le jour où ils commenceront à rechercher la cause des difficultés qu’ils rencontrent, il sera difficile d’arrêter leur marche vers la découverte des solutions à tous les problèmes.
    André Virasolvy auto-éditeur du livre « Comment mettre fin à l’inégalité des droits ? » a-vira@easyconnect.fr

  • > Appel contre la guerre à l’intelligence " Les Inrockuptibles.

    27 février 2004

    Reponse d’un cretin

    Je suis fier de ne pas faire partie d’une bande de ringards pour qui rien ne doit changer ou la seule recherche qui compte est celle de leur fromage fonctionnarisé.

    • > Appel contre la guerre à l’intelligence " Les Inrockuptibles.

      27 février 2004, par V.A.B

      Le populisme n’ a jamais mené nul part...

      • > Appel contre la guerre à l’intelligence " Les Inrockuptibles.

        29 février 2004, par DouxAmer

        le populisme s’intéresse aux gens de peu et à leur sort

        pour les élites réelles ou auto-proclamées c’est devenu un mot qui se veut polémique, et quelque peu méprisant

        comme aurait pu le dire La Fontaine la définition change selon que l’on est puissant ou de peu, et l’usage de ce mot ne fait avancer aucun problème

        • > Appel contre la guerre à l’intelligence " Les Inrockuptibles.

          1er mars 2004, par V.A.B

          Le mot populisme était adréssé à ce crétin autoproclamé...lire plus haut. Et je confirme il mene nulle part. Le populisme s’ intéresse aux gens de peu comme les appelle l’ extrême droite qui a depuis très longtemps compris l’ usage qu’ on pouvait en faire...

      • > Appel contre la guerre à l’intelligence " Les Inrockuptibles.

        11 mars 2004, par jean luc

        sauf pour les restaurateurs qui ont menace de voter FN:entendu aux info de FRANCE INTER ce matin.arretez d’etre naifs.

        • > Appel contre la guerre à l’intelligence " Les Inrockuptibles.

          12 mars 2004, par V.A.B

          J’ai jamais dit que les restaurateurs étaient intelligents...

    • > Appel contre la guerre à l’intelligence " Les Inrockuptibles.

      29 février 2004, par DouxAmer

      Les fromages ne sont pas tous affinés dans les caves de la fonction publique, et la liste des autres caves serait longue....
      par exemple : dans certaines entreprises combien de licenciements "négociés d’un commun accord" permettant une mise de fait à la retraite quelques années avant 60 ans mais payées par les Assédics, ceux qui continuent à travailler et à qui on ne propose pas ce type de retraite anticipée participent financièrement au financement d’un fromage qu’il ne consomment pas.
      il s’agit sans doute d’un fromage non fonctionarisé, mais pouvant expliquer partiellement les difficultés des Assédics.
      Je suis d’accord tout doit changer y compris notre regard qui doit être panoramique sur 360 degrés

      Un illustre n’a-t-il pas dit que nous avions autant de fromages que de jours dans une année, vaste programme, bon courage

    • > Appel contre la guerre à l’intelligence " Les Inrockuptibles.

      8 mars 2004, par Sonia.

      Au crétin :

      Le personnel des labos de recherche publics représente moins de 1% du total des fonctionnaires français. Le pourcentage des crétins comme toi est certainement plus élevé.
      Sonia.

  • > Appel contre la guerre à l’intelligence " Les Inrockuptibles.

    27 février 2004, par Nicole Geniez

    Le problème de notre société n’est il pas de privilégier la fonction économique au détriment de la fonction sociale des individus ?

  • > Appel contre la guerre à l’intelligence " Les Inrockuptibles.

    26 février 2004

    Svp, Pas d’Amalgame ! ou de politique rethorique et partisane...
    Il s’agit ici de la RECHERCHE de son budget et sa dynamique.

    • > Appel contre la guerre à l’intelligence " Les Inrockuptibles.

      3 mars 2004, par Dard Jean-Philippe

      Réponse : Appel contre la guerre à l’intelligence.

      En accord complet avec votre analyse sur la déliquescence de notre société Française, je signe immédiatement votre pétition contre la guerre à l’intelligence.

      Je souhaite également exprimer mes pensées sur le sujet, mais mes idées sont plus orientées coté artistique et culturel que recherche.
      Le sectarisme étant un manque flagrant d’intelligence, je pense que l’on m’autorisera à communiquer avec vous, bien que ce site soit plus orienté recherche.
      D’avance merci.

      Le gouvernement associé au Medef, (c’est un constat je n’adhère à aucun parti et à aucune idéologie) met en place toute les structures pour nous permettre de n’écouter prochainement que des ’’têtes de gondole’’ chez nos disquaires….
      Ne souhaitant pas retrouver uniquement du Johnny, du Garou, de la star AC etc… dans nos magasins, c’est à dire des produits marquetés comme la soupe et les yaourts dans les hyper et super marchés, je suis de tout cœur avec vous pour tenter de sauver la culture, l’art, le savoir et la connaissance.
      Ces valeurs ne sont plus des priorités, ce sont pourtant historiquement les prémices de l’extinction des civilisations (ex : Rome). Quand la culture et la connaissance périclites dans une civilisation, la décadence est en marche…

      Un paradoxe parfait, mais horrifiant, est désormais bel et bien réel. Les politiques prennent les décisions, mais ils sont loin des réalités, ils décident donc sans savoir et sans connaissance.
      Ne laissons pas faire les responsables politiques, ils sont ignorant de la réalité, de la vie quotidienne, des besoins de la population et ils sont loin des sentiments et du bon sens…
      Pour le prouver il suffit d’écouter les décideurs des années 2000, ils parlent incessamment de progrès. La question est : ’’Où est le progrès ?’’
      Quand la société met des bâtons dans les roues aux petits artistes, aux chercheurs, à nos enseignants-formateur, aux techniciens du spectacle, aux chômeurs, aux délaissés de tout type, écrasés par le rouleau compresseur antisocial qu’est notre société actuelle, où est le progrès ?
      Ils ne peuvent pas êtres clairvoyant, quand ils prennent des décisions concernant la recherche, l’artistique, le culturel, etc… Ils ne réfléchissent pas avec leur cœur ni avec la raison, mais avec un budget, un montage financier et les futures élections… Les dés sont pipés.

      Mais bordel (excusez, je ne trouve pas de synonyme), la recherche c’est l’avenir, donnons nous les moyens d’en avoir un bel et la musique c’est de l’art, que ce soit du violon ou de la Gibson, respectons l’artiste indépendant et laissons lui les moyens de s’exprimer, c’est déjà assez difficile actuellement d’être chercheur ou de vivre de son art, n’en rajoutons pas.

      Les artistes en tête de gondole dégagent du profit, les artistes indépendants dégagent des sentiments et des émotions, à nous de choisir…

      Vive les petites groupe, les petits labels et les éditeurs libres, ce sont eux, les friches de notre création et ce sont justement eux, grâce à leurs œuvres, qui nous permettent d’oublier un instant, le monde commercial intolérant et irraisonné dans lequel on vit !

      DARD Jean-Philippe
      jpd2004@free.fr

  • > Appel contre la guerre à l’intelligence " Les Inrockuptibles.

    23 février 2004, par hélène FOURNEL

    Je souhaite signer cet article

    • Contre la récupération politicienne de l’intelligence par Les Inrockuptibles.

      26 février 2004, par M Gilles Zwingelstein

      Je suis signataire depuis le tout début de la "pétition sauvons la recherche" et je suis scandalisé par la récupération politicienne et l’amalgame de l’appel contre la guerre à l’intelligence. Il n’y a pas de recherche ou d’intelligence de gauche ou de droite, c’était vrai au moyen age ou tant de personnes ont brulé sur les bûchers. Il y a autant de crétins et d’arrivistes à gauche qu’à droite. Mais il est vrai qu’en vendant du papier on gagne de l’argent et tout le monde sait qu’elle n’a pas d’odeur. En matière de recherche médicale , sauf erreur de ma part, quand le téléthon ou d’autres événements médiatiques qui rapportent 300 ou 400 millions, votre journal reste muet sur l’éthique associée
      je n’ai jamais vu quand j’enseigne le calcul intégral si la méthode venait d’un mathématicien de gauche ou de droite
      Heureusement dans cette discipline on ne change rien à la validité d’un théorème en intervertissant les éléments à gauche ou à droite du signe égalité

      Il y a longtemps que je ne vote plus et je me contente dans ma fonction de professeur d’université et d’ancien directeur de recherche au CNRS d’éviter d’avoir un état d’esprit datant du moyen age qui remonte à la surface
      et qui conduit aux extrêmistes de tout poil et de toute obédiance et que vous favorisez dans votre arnaque
      intellectuelle.

      Mais à propos, voici une suggestion, pouvez vous définir selon vos critères ce que sont un intellectuel et l’intelligence, beau sujet pour un papier dans votre journal ! Comme je ne lis pas le Monde cela me passionnerai

      Avec mes salutations

      Gilles Zwingelstein

      Professeur des Universités à Paris 12
      Ancien Directeur de Recherche Associé au CNRS

      • > Contre la récupération politicienne de l’intelligence par Les Inrockuptibles.

        26 février 2004

        Je n’ai rien compris à votre réaction. Cependant, je respecte votre position. J’espère que la planète entière parle de la crise de la recherche Française : cinéastes, écrivains, citoyens, ...

        Pour "intelligence" et "intellectuel", les définitions sont dans le dictionnaire !

        Nous voulons des postes, des postes, des postes, des postes, des postes, des postes, ...

      • > Contre la récupération politicienne de l’intelligence par Les Inrockuptibles.

        27 février 2004, par V.A.B

        Vous accusez les Inrockuptibles de récupération politiciennee de l’ intelligence. Certes la gauche n’ a pas le monopôle de l’ intelligence même si la notion d’ "intellectue"l reste profondément ancrée à ce clivage. Le terme d’ "intellectuel" prend racine lors de l’ Affaire Dreyfus. Maurice Barrès, qu’ on ne peut pas taxer de gauchiste vous en conviendrez, accusa les défenseurs du Capitaine Dreyfus d’ "intellectuels". Une insulte pour lui. Les accusés le reprirent en coeur : oui, nous sommes des intellectuels !. A droite aujourd’ hui il n’ y a pas d’ intellectuels et de plus ils doivent détester le mot. Notre gouvernement n’ a aucune notion de ce qu’ est une réfléxion intellectuelle quand il s’ agit de prendre des décisions. Il occulte le débat intellectuel avec le seul souci de plaire au plus grand nombre. Monsieur Raffarin tient plus de l’ épicier ou du v.r.p : il n’ est pas là pour penser mais pour vendre des réformes. Monsieur Sarkosy idem : trop occupé par sa carrière, il contourne le débat intellectuel dans ses décisions, en occultant toute interrogations morales. L’ affaire du voile le prouve. Peu ou pas de débats. Une loi vite votée sans référence intellectuelle, sans se poser les questions élémentaires relatives à laicité républicaine depuis la troisième République. Egalité des chances sans aucune distinction y compris religieuse.
        La droite n’ a jamais été intellectuelle. Nous avons la droite la plus bête du monde c’ est eux qui l’ ont dit. Demandez leur. Je finirais en mentionnant cela. Philippe Val écrivant à propos de "Chirac en cavale" de Cabu : " Cabu n’ aime pas Chirac. Il représente tout ce qu’ il déteste. Le mensonge arriviste, la vulgarité populiste, l’ ambition personnelle, le goût du luxe criard (...) et l’ homme prétendument cultivé qui n’ a de cesse que de plaire à tout ce qu’ il y a de "beauf" dans le monde. Si Chirac était un crétin inculte, il lui en voudrait moins. Mais Cabu ne pardonne pas qu’ une personne intelligente, cultivée, trahisse toutes les beautés qu’ en privé elle dit apprécier pour flatter en public, l’ inculture des misérables. Le côté je raffole à la fois des poètes chinois du Xème siècle et de Patrick Sébastien " (Chirac en cavale, Charlie Hebdo, Hors-série n° 15). A bon entendeur.

      • > Contre la récupération politicienne de l’intelligence par Les Inrockuptibles.

        1er mars 2004, par L. Manolakakis Chercheur CNRS

        Si, il y a forcément une recherche de gauche et de droite (certes plus ou moins) : comment prétendre que la recherche scientifique est totalement isolée et déconnectée de la société - et donc de la politique - dans laquelle elle émerge ???!!! Je n’en prendrai pour exemple que l’archéologie métropolitaine (les "Gaulois", quoi !), création politique s’il en est (de Napoléon III, pour valoriser une identité nationale métropolitaine qui était à son goût trop fondée sur l’antiquité grecque, romaine et égyptienne). Mais peut-être considérez-vous que seules les mathématiques et la physique sont dignes de s’appeler de la Recherche ?
        Oui, il y a des crétins de gauche et des crétins de droite, mais est-ce que ça fait avancer le schmilblick ?
        Mais vous ne votez plus depuis longtemps... Pourquoi tenter de changer la société par les moyens dont on dispose, comme ce droit de vote gagné de haute lutte et pour lequel bien des pays se battent encore ... C’est tellement plus facile de ne pas se salir les mains et de dire aux autres qu’ils ont les mains sales !
        Quoi que vous en disiez, nous sommes aujourd’hui confrontés à une idéologie libérale. Et c’est une politique de droite !

      • > Contre la récupération politicienne de l’intelligence par Les Inrockuptibles.

        12 mars 2004

        Pétitionnaire, imbécile heureux ?, par Pierre Lascoumes
        LE MONDE | 08.03.04 | 13h23 • MIS A JOUR LE 10.03.04 | 15h06

        Je le confesse, je suis un de ces imbéciles qui a signé la pétition "Contre la guerre à l’intelligence". J’ai aggravé mon cas en signant aussi celle de Sauvons la recherche.

        J’ai été aveuglé par ces actions idéologiques, embrigadé par des manœuvres élitistes, manipulé par des amalgames corporatistes. Venant d’horizons très divers, de grands esprits ne cessent de me l’expliquer depuis trois semaines. Je les remercie de leurs efforts pour ouvrir mon pauvre esprit à leurs lumières.

        Oui, j’ai fauté en cautionnant une entreprise démagogique qui renforce la discrimination sociale et fait le lit du populisme. Un comble pour un chercheur en science politique. A l’heure du plaider-coupable, j’avoue donc avoir commis un acte qui mérite mon exclusion de l’université et du CNRS où je dissimulais ma médiocrité. Me voici découvert !

        Conscient d’avoir à l’occasion de cette péripétie minable rencontré quelques grands esprits et espérant que mon acte de résipiscence retiendra leur attention, je leur soumets les préoccupations mesquines qui ont suscité mon acte inconsidéré. Je suis certain qu’ils auront des réponses à la mesure de leurs sermons.

        Je ne suis pas un enkysté. J’ai appris mon métier pendant deux ans au Canada et travaillé en Suisse pendant cinq ans. Je m’interroge : ai-je bien fait de revenir en France par deux fois ? La culpabilité vis-à-vis de Marie et Pierre Curie, longtemps méprisés, est telle que si vous n’êtes pas un chercheur en blouse blanche maniant pipettes et équations autant faire l’aumône. Vous êtes aussi sommé tous les deux jours de démontrer que l’histoire, la sociologie et autres sciences sociales ne sont pas de simples divertissements. Dois-je aller finir ma carrière sous des cieux plus éclairés ?

        Quand un éminent inspecteur des finances conseille au directeur du CNRS d’évacuer de son établissement l’économie, le droit et la science politique (discipline dont s’est nourrie sa formation d’énarque et qu’il n’envisage donc que comme outil de gestion), faut-il hurler de rire ou de peur ? Nos dirigeants pensent-ils maîtriser seuls l’art de gouverner ? J’ai toujours enseigné, formé de jeunes chercheurs ; trois excellents docteurs sont aujourd’hui en attente de postes comme beaucoup de leurs confrères et bricolent de vacations en enseignements ponctuels. Dois-je dissuader les générations nouvelles de se lancer dans le marathon du sous-emploi scientifique et regagner placidement mes dossiers et mon ordinateur ?

        Je suis redevable au CNRS de m’avoir permis d’exercer un métier où l’on est payé chaque jour pour apprendre. Je m’efforce d’en être reconnaissant en participant à des tâches collectives. Mais cela a-t-il encore un sens de passer tant d’heures à "sélectionner l’excellence" et à "nettoyer les organigrammes" des labos quand il n’y a presque plus de postes à pourvoir ni de budgets à attribuer ?

        L’évaluation de la recherche est une responsabilité centrale ; il est essentiel de pouvoir être positionné par rapport au meilleur état des connaissances. A l’heure où l’Université réclame la reconnaissance de ses activités scientifiques, est-il raisonnable, et même équitable, que les procédures d’évaluation y soient si différentes de celles qui sont pratiquées dans les grands établissements (CNRS, Inserm, etc.), si faibles dans le premier cas, si rigoureuses dans l’autre ? D’où vient ce deux poids, deux mesures ?

        Faut-il envisager la contractualisation de toutes les activités intellectuelles quand l’Etat peut à tout moment renier ses engagements et ne pas honorer sa signature ? C’est le cas depuis le gel des crédits de juillet 2003 : des subventions ont été suspendues et des travaux achevés n’ont toujours pas été réglés. De jeunes chercheurs précaires sont sans ressources ; des prestataires ne sont pas réglés. Le travail intellectuel n’a-t-il pas de prix parce qu’il ne vaut rien ?

        Dois-je comprendre qu’il serait plus intelligent de ma part de changer de métier ou, si je m’obstinais, plus sage de me résoudre en silence à la précarisation montante ? Messieurs les sermonneurs, faites-moi regretter d’avoir signé ces pétitions de bon sens.

        Pierre Lascoumes est directeur de recherche CNRS - Cevipof - IEP Paris.

        • ARTICLE PARU DANS L’EDITION DU 09.03.04

    • > Appel contre la guerre à l’intelligence " Les Inrockuptibles.

      27 février 2004, par Stephane BERTIN , realisateur , auteur

      je souhaite , comme intermittent du spectacle , realisateur de television , signer cet appel.