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réactions à l'article « Ce Que Veut SLR »

  • Ce Que Veut SLR

    5 février 2012, par KELLER Angélica

    Nous avons reçu de Denis Viennet les remarques suivantes.

    1) Première remarque, centrale : ce texte s’inquiète du sort de la recherche « scientifique », mais celui-ci est indissociable de ce qu’on appelle les Humanités aujourd’hui : arts, littérature, sciences humaines et sociales critiques, ethnologie, psychanalyse… J’y reviendrai dans le texte.
    2) Il faut défendre à tout prix le principe d’autonomie de l’Université, qui s’oppose à ladite « autonomie » de la LRU.

    Aussi je me permets de vous suggérer les retouches suivantes au texte de SLR, qui sont, me semble-t-il, absolument nécessaires :

    1) Tout d’abord, il conviendrait de ne pas restreindre la Recherche à la recherche purement « scientifique », donc de remplacer toutes les occurrences « recherche scientifique » par « Recherche » (par exemple, dernière ligne de la p. 2).

    2) À la page 2, « Principes », il conviendraitt d’affirmer le Principe d’Université, dans un premier alinéa :

    « - Le principe dont découlent les suivants est « le principe qui fonde l’Université comme lieu de l’exercice inconditionnel, libre et public de la pensée » (Principe d’Université). C’est le principe même d’une vraie autonomie. L’Université, et spécialement les Humanités, ont un rôle majeur à jouer : « l’exercice libre et public de la pensée, de la recherche et de l’enseignement, doit être reconnu comme absolument inviolable, protégé et encouragé. C’est la condition pour que l’Université puisse être, conformément à son principe, le lieu où, dans le monde contemporain, une chance est encore donnée à des hommes et à des femmes d’élaborer ce qu’ils doivent être. » »
    Dernier alinéa :

    « - L’État doit garantir une véritable autonomie des universités, selon son principe même. Il doit donc garantir « qu’il soit absolument préservé, sauvegardé et encouragé dans l’Université, une zone d’activités, d’expérimentation, d’investigation et d’enseignement non-finalisés : gratuits, désintéressés, non-utilitaires, infonctionnels, non-rentable » (PU). Dans ce but, l’État doit garantir, dans un cadre pluriannuel, les moyens humains et financiers permettant l’essor de la Recherche scientifique et de l’Enseignement Supérieur. Autrement dit, « le rapport au pouvoir de l’État doit se réduire au minimum, c’est-à-dire finalement au seul appui financier, gage matériel de l’autonomie de l’université, dont l’État se doit par ailleurs de garantir le respect » (PU). »

    3) À la page 3, on pourrait insérer le texte suivante, en écho avec la nécessaire et prépondérante « réflexion philosophique » dont parle SLR p. 3, ainsi que de l’« éthique », p. 5 :

    « A. Les Humanités face aux défis contemporains

    Les Humanités (comme on les entend aujourd’hui, c’est-à-dire : arts, littérature, sciences humaines et sociales critiques, ethnologie, psychanalyse…) sont à l’origine, héritières des écoles de sagesse de l’Antiquité, de la première université occidentale (Bologne, 1088). Leur fondement est essentiellement critique. Elles instituent en quelque sorte « l’art de penser par soi-même [qui] commence par la capacité de questionner et de discuter, c’est-à-dire de critiquer, publiquement » (PU).
    La critique doit permettre à chacun un usage de la culture, afin de « se donner librement des fins ». « C’est dire : l’aptitude à élaborer librement la question : Que voulons-nous être ? Ou : Que devons-nous être ? Ou encore : Quelle vie voulons-nous, qui mérite d’être vécue ? »
    Cette essence critique, qui est tout l’enjeu d’une vraie autonomie, doit être « la condition, le gage ou la promesse d’une émancipation » (PU).

    On sait combien notre époque actuelle est marquée par ce manque d’esprit critique, sans lequel aucune invention nouvelle ne verrait le jour, aucun événement digne de ce nom ne saurait arriver, manque d’esprit critique qui est indissociable d’un manque d’éthique, d’une véritable éthique pour les temps à venir.

    Par conséquent, « par-delà le clivage français insensé et si néfaste pour tous entre ‘’culture humaniste’’ et ‘’culture scientifique’’ », il importe d’affirmer l’essence critique et autonome du savoir et de la connaissance, fondatrice des Humanités et partant de l’Université, une culture critique de l’Humain (sensibles à ses nuances et à son infinie complexité) dans un monde inhumain où repères et sens ont désormais déserté.

    C’est là tout l’enjeu d’une Recherche et d’un Enseignement, universitaires et au-delà, dignes de ce nom, et à la hauteur des défis contemporains. »

    4) Page 5, il conviendrait de proposer d’abord l’idée suivante :

    « 1. Élargir l’enseignement des Humanités « notamment aux filières et formations liées à la santé, à la justice, aux technologies, à l’information et au journalisme, ainsi qu’à l’économie, au commerce et à l’administration, l’entrepreneuriat compris. » (PU) »

    5) Page 6, il me semble qu’il ne faut pas « redéfinir collectivement les modalités des évaluations », mais les supprimer tout simplement. (Je rappelle que la logique des évaluations est née sous Vichy, et a été particulièrement utilisée par les pouvoirs après 68, pour « mettre au pas » les intellectuels (cf. Jean-Claude Milner, La politique des choses). Donc je suggère :

    « - supprimer l’AERES et redéfinir les modalités des supprimer les évaluations. »

    6) Page 8, à la fin du point 4, rappeler que :

    « Un gage de l’autonomie est que le rapport au pouvoir de l’État doit se réduire au minimum, c’est-à-dire finalement au seul appui financier, gage matériel de l’autonomie de l’université, dont l’État se doit par ailleurs de garantir le respect » »

    7) Page 9, même suggestion que pour le point 5) : supprimer le paragraphe 11 et le remplacer par : « L’évaluation doit être supprimée ».

    8) Page 12, je trouve grave que SLR dise qu’elle « se résignerait à entériner l’idée que des économies réalisées pourraient être affectées à des programmes jugés plus prioritaires, en acceptant l’idée d’un déclin inéluctable de notre vieille nation, si c’est effectivement un choix collectif de nos concitoyens ». Ceci est proprement inacceptable, et il me semble qu’il serait mieux de supprimer ce paragraphe.

    9) Page 14, même remarque que 5) et 7) concernant l’évaluation : au point 1.2. je suggère de supprimer « Cette évaluation doit être du même type que celle mise en place pour l’évaluation de l’activité des laboratoires de recherche publique ».

    10) Page 17, même remarque que 5), 7) et 9) concernant l’évaluation. Je suggère de supprimer le 5ème paragraphe.