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  • Communiqué commun de Sauvons La Recherche et Sauvons L’Université

    30 septembre 2012, par Michon Thierry

    Un changement constructif de la composante enseignement recherche des universités ne peut que passer par un interfaçage intelligent entre prés et post bac.
    Il est urgent que enseignants du secondaire et enseignants-chercheurs se retrouvent de manière formelle afin de définir ensemble des bases plus humanistes (et moins sportives) pour la préparation des jeunes. Une réelle réflexion est en effet nécessaire sur les objectifs éducatifs de programmes d’enseignement extrêmement volumineux subits par la plus part des lycéens avec une seconde qui est devenu une véritable super troisième et un programme préparatoire au bac qui ne commence véritablement qu’en première. Deux années c’est court avec une méthodologie de travail souvent peu ou pas abordée en seconde et des semaines de cours de 30 heures en moyenne associées à une à deux heure de travail personnel par jour. Programmes surchargés, élèves surbookés et en état de stress continuel ; pédagogies peu attractive, sélection qui fait la part belle aux "personnalités scolaires" et laisse pour compte les imaginatifs, les curieux analytiques qui ont besoin de temps pour s’épanouir et sans les talents contributifs desquels les sociétés futures vont se stériliser. Les objectifs annoncés sont toujours louables mais les véritables ambitions pour le futur nécessitent de profonds changements qui font peur et leur mise en œuvre considérées par nos politiques (peut-être à tort aujourd’hui) comme électoralement peu mobilisatrices. Un petit exemple : l’épreuve d’histoire-géographie des sections S passe en première, intéressant car celà est supposé alléger les emplois du temps de terminale (ce qui ne serait pas un luxe). Déferlement de critiques d’une bonne partie de la population des histo-géographes qui souhaitent que la discipline perdure en terminale après les épreuves de première. Et voilà aussi que des enseignants d’autres disciplines entrevoient avec ces créneaux horaires potentiellement libérés l’opportunité de nouveaux enseignements tous plus originaux les uns que les autres. Les terminales S n’auraient plus d’histoire-géo mais plus de temps libre ! tant mieux ! (plus de sport, de danse, de peinture, de musique, de rêverie). Les universitaires honnêtes admettront sans difficulté que la créativité nécessaire à la progression de la connaissance passe par ces chemins là. Le bac en poche, beaucoup intègrent le supérieur fort essoufflés et sans réel enthousiasme. Il y a actuellement rupture entre bac-1 et bac+1 et les nombreux problèmes de traversée du L1-L2 traduisent le malaise des laissés pour compte du système actuel. "Le « bloc » d’enseignement bac-3 / bac + 3" est réellement une idée audacieuse qui mérite la réflexion de l’humaniste. On ne dit pas non avant d’avoir réfléchi et " les effets délétères à court et moyen terme" sont en l’état hypothétiques. Le positionnement légitime devrait être "on ne sait pas donc creusons sérieusement". Les programmes par trop ambitieux du lycée attestent du fait que "L’éloge de l’enseignement en premier cycle par des enseignants non chercheurs" est effectivement peu fondé tant il est évident que les profs de lycée par essence généralistes et bien éloignés du cœur actualisé de la discipline ont, malgré leur talent et leur bonne volonté, toutes les peines du monde à transmettre des notions nécessitant une maturité conceptuelle dont l’élève est bien sûr dépourvu. Quant aux aspects "dissociation définitive de l’enseignement et de la recherche et extinction à terme du corps des MCF" :à l’évidence, un enseignant du supérieur ne peut être que chercheur, et un chercheur ne peut qu’être enseignant, l’un ne pouvant se dissocier de l’autre, réfléchissons honnêtement encore à supprimer non pas le MCF mais la catégorie chercheur pur. Arrêtons là l’hypocrisie à recruter comme MCF un brillant chercheur puis à l’accabler d’enseignement pour finir par l’évaluer sur une recherche qu’il aura abandonné. Réfléchissons comment on pourrait créer un corps unique d’enseignants chercheurs qui selon leur sensibilité consacreraient par exemple de 25% à 50% de leur temps à l’enseignement. L’évaluation aurait ainsi en toute légitimité deux réelles composantes, pédagogie et recherche au prorata des activités de la personne.