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réactions à l'article «Défendre la recherche fondamentale pour ce qu’elle est.»

  • > Défendre la recherche fondamentale pour ce qu’elle est.

    19 février 2004, par Yann Duplessis Kergomard

    Dans l’ensemble, en temps que thésard, je suis d’accord avec Alain Guénoche. "Chercher à comprendre pour comprendre" est effectivement l’activité la plus noble qui soit pour le chercheur. Toutefois je ne suis pas vraiment sur qu’expliquée ainsi le citoyen lambda comprenne réellement l’utilité de la recherche : il nous prendra pour de doux rêveur. Seul un message utilitariste vis-à-vis de sa personne marquera vraiment son esprit.

    Mais attention, utilitariste ne veut pas dire fournir uniquement des arguments économiques ! Il faut essayer de lui donner une vision d’ensemble (économique, politique, environnementale, recule de l’obscurantisme et du barbarisme...).

    En terme économique, Alain Guénoche résume trés bien la situation : "à la manière d’un jeu de lego, plus on a de briques de bases (inutiles et non porteuses de sens prises à l’unité) plus on est capable de construire des objets différents et complexes". Les applications technologiques qui vont apporter des emplois et une richesse au pays se sont nourries de la recherche appliquée à court terme (2 à 3 ans) pour immerger . Elle-même s’est nourrie de la recherche appliquée à long terme (3 à 5 ans) et cette dernière de la recherche fondamentale (10 ans, 20 ans ou plus encore). Or personne n’a de vison à si long terme ou ne sait d’où proviendra la prochaine super innovation : les chercheurs fondamentales ne travaillent pas sur les applications technologiques de demain (ou alors indirectement) et personne ne sait si (par exemple) une révolution informatique (qui correspond en générale à des avancées mathématiques relativement absconces) ne dérivera pas de l’étude des roches en géologie (donner des exemples d’innovation provenant de domaine incongru sur le site, cela facilitera l’argumentaire) !! Il faut donc une recherche la plus large possible, permettent un bon brassage d’idée, terreau indispensable à l’innovation. Si l’on étouffe le foisonnement d’idée dans la recherche fondamentale, on tue l’innovation française à sa base !!! Ce qui veut dire pour l’industrie de puiser ses ressources dans l’innovation étrangère (que nous devrons payer), de suivre les autres....

    Par ailleurs, la culture, la connaissance sont des armes politiques. En ayant un poids culturel, on peut se faire écouter des autres car nous avons la connaissance et l’argumentaire qui va avec. Par exemple le recherche environnementale donne du poids à ceux qui veulent poursuivre une politique environnementale qui va dans le bon sens (à condition toutefois que les politiques entendent ce que nous avons à dire). En appauvrissant notre niveau de connaissance par rapport aux autres, nous nous affaiblissons politiquement (je rappelle que la culture est encore une fierté nationale, même si elle est battue en brêche d’un peu partout ...).

    La recherche a également pour but de répondre à des questions fondamentales comme : d’où venons-nous (astrophysique, histoire, biologie...) ? Pourquoi sommes-ainsi fait (évolution, histoire, biologie, sciences cognitivistes...) ? Pourquoi-nous comportons-nous ainsi ?.... Et tous ces débuts de réponses peuvent également nous aider à faire des choix pour la construction de la société future. Par exemple, elle établie notre place dans l’univers : nous ne sommes ni le centre de l’univers, ni le centre du système solaire, nous n’avons pas l’apanage du rire ni de la blague (grand singe), les bonobos et les éléphants ont peut-être une conscience de la mort, des corbeaux tailles des outils très sophistiqués... bref, la science permet de dégonfler notre égo et de nous rendre compte de ce qui nous entoure : la nature. Cette prise de conscience est nécessaire pour travailler à une amélioration de nos relations avec la nature.

    Enfin, en discutant autour de moi, je me suis rendu compte de l’immense fossé qui sépare le monde de la recherche du publique : ils s’ignorent mutuellement. Encore beaucoup n’ont jamais entendu parlé des problèmes actuels qu’il y a dans la recherche (des amis étudiants en ressources humaines, cadres marketing...) et beaucoup ne comprennent pas réellement l’utilité de la recherche fondamentale (pour eux, les chercheurs sont de doux rêveur et ils ont tendance à gaspiller leur temps dans des choses futiles).De son côté, la recherche n’a jamais fait réellement d’effort pour changer cette état des choses. Dans la grande réforme qui j’espère se prépare, je pense qu’il ne sera pas de trop de créer un service de communication pour la recherche, travaillant en étroite collaboration avec les chercheurs, dans le but de créer un pont entre la recherche et le publique. Ce service sera ainsi chargé de sensibiliser TOUT le publique à ce que nous faisons, de son utilité pour le bien générale, pour éliminer notre image de fonctionnaire et de savant fou !! En ayant l’opinion avec nous, il sera alors plus difficile de retomber dans l’état actuel des choses (du moins je l’espère).