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réactions à l'article «Lettre à la ministre, Mme Fioraso»

  • Un plaidoyer sans argument

    22 février 2014, par Sirius

    Le plaidoyer en faveur de « l’association de type confédéral » comme la formule la plus pertinente (par opposition aux fusions et aux Comues) pour les rapprochements d’universités en Ile de France repose, sur les arguments suivants.

    1. « La première région universitaire d’Europe » « se voit innervée par un tissu dense de coopérations scientifiques qui ne doivent pas être mises en pièces par l’érection de citadelles engagées dans des compétitions délétères »

    On ne voit pas pourquoi les coopérations qui existent entre 13 universités devraient disparaître parce que celles-ci ne sont plus que 4 ou 5. Et la compétition, qui est principalement internationale, n’est nullement exclusive de la coopération.

    2. « D’autres pays ont réussi un pari de cette ampleur, comme en témoigne l’université d’Oxford ou l’University of London (sic), véritable confédération d’établissements indépendants à l’échelle d’une capitale au rayonnement mondial ».

    Cet argument, qui est le seul à prétendre être factuel, repose malheureusement sur une mauvaise connaissance des cas cités.

    L’université d’Oxford n’est nullement une confédération d’établissements. Les « Colleges » ne sont pas des établissements, délivrant leurs propres diplômes. Ils apportent aux étudiants de l’université des moyens matériels et de soutien à leur formation. Mais c’est l’université, seule, qui recrute les étudiants, définit les examens, délivre les diplômes et autorise les enseignants-chercheurs à signer leurs travaux du nom d’Oxford.

    Autrement dit, dans leur originalité toute britannique, Oxford et Cambridge sont des universités unitaires, même pas « fédérales », pour reprendre la typologie actuelle du ministère.

    London University n’est pas non plus une université « confédérale ». C’est une structure de gouvernance qui exerce une supervision budgétaire, administrative et de contrôle qualité sur certains établissements londonien. Mais de multiples universités ou établissements d’enseignement supérieur existent à Londres en dehors de son contrôle. London University n’est pas une université. Elle ne délivre pas de diplômes (sauf, pour des raisons historiques, certains diplômes de formation continue) et aucune recherche n’est signée de son nom. LU est une sorte de ministère local de l’ESR. Dans tous les classements internationaux ce sont les établissements membres de LU qui apparaissent (Imperial College, LSE, etc.), pas LU. Même chose quand ces établissements passent des accords internationaux.

    Il en est de même pour University of California, souvent donnée aussi, à tort, comme exemple d’université « confédérale ». UC n’est pas une « université », mais une structure de gouvernance, comme LU, seuls ses établissements membres (Berkeley, UCLA, Irvine, etc.) sont considérés internationalement comme des universités.

    3. « L’efficience et la plasticité de cette organisation » (l’association)

    Il s’agit là de promesses non argumentées.
    On peut imaginer que la « plasticité » est une qualité, l’association étant la forme la moins structurée de rapprochement. Mais elle est aussi sa faiblesse principale. Une négociation à plusieurs dizaines d’établissements (universités et écoles) est la plus sure garantie de l’impuissance à décider et donc à mettre en commun le cœur des activités de formation et de recherche.
    Quant à l’efficience, elle n’a d’intérêt que s’il y a une efficacité. On a beau jeu de vanter le faible coût d’une organisation si celle-ci ne fait pas grand’ chose.

    4. « Une véritable confédération d’établissements franciliens confèrerait à Paris un rang de capitale mondiale universitaire et serait propice au développement de la recherche et des formations »

    Là encore il s’agit de promesses non argumentées. On ne voit pas la valeur ajoutée qu’apporterait une « association » confédérale d’établissement francilien au rayonnement d’un Paris « capitale mondiale universitaire ».

    A moins d’imaginer, ce que font certains, qu’avec une simple astuce de communication on va faire croire au monde qu’il y a une « université de Paris ». Il suffirait que tous les EC signent leurs publications d’un nom unique et, par magie, cette université apparaîtrait comme la première du monde. Ce raisonnement est tellement ridicule qu’on s’étonne qu’il puisse être tenu par des universitaires avertis des réalités internationales.

    Cet argument suppose qu’une telle solution soit acceptée par l’ensemble des partenaires, ce qui est peu probable. Mais surtout c’est supposer que le reste du monde est assez stupide pour croire à cet étiquetage superficiel. Les exemples de London University et University of California montrent justement que cela ne marcherait pas. Ni l’une ni l’autre ne sont reconnues comme des universités dans les rapports internationaux, alors qu’elles sont plus structurées que ne le serait une « association » des établissements franciliens.