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réactions à l'article «Contre la création d’un nouveau statut de post-doctorant»

  • > Contre la création d’un nouveau statut de post-doctorant

    16 mai 2004

    Bonjour,

    Je suis agréablement surprise de voir qu’un directeur de recherche puisse tenir ce genre de propos. En effet, je suis actuellement en fin de thèse et prête à soutenir. La question du post-Doc est apparue comme une évidence pour l’ensemble de mes directeurs afin de me permettre une éventuelle carrière... Cependant, plusieurs points me semblent indispensables à souligner :

    - Face aux récentes revendications de la recherche concernant l’augmentation de postes, il me semble totalement contradictoire de pousser les thésards à poursuivre leurs études par un post-doc favorisant ainsi la précarité de l’emploi et donnant une raison supplémentaire au gouvernement de ne pas fournir d’emplois de statutaires !
    En effet, les jeunes docteurs "se battent" pour avoir un post-doc et offrir une main-d’oeuvre à moindre coût, alors pourquoi augmenter ou stabiliser l’emploi des statutaires dans l’enseignement supérieur et la recherche : autant le diminuer (ce que le gouvernement fait) !!

    - D’autre part, bien que le départ dans un laboratoire d’un pays extérieur permette l’apprentissage d’une langue (en l’occurence l’anglais), en quoi permet-il la formation de l’esprit scientifique requis dans la recherche et dans toute démarche scientifique ? La démarche scientifique nécessaire et indispensable à la réalisation de travaux ne se trouvera certainement pas dans un laboratoire qui n’aura pour objectif que de se servir de vous afin de publier et réciproquement. Le seul apprentissage sera celui de techniques supplémentaires, mais le travail de chercheur correspond-il essentiellement à celui d’un technicien supérieur ?

    - De plus, il ne me semble pas valable de recruter un individu en l’évaluant uniquement ou principalement sur ses publications. En quoi reflètent-elles réellement sa capacité de démarche scientifique ? On le sait, selon le laboratoire choisi et les personnes encadrantes le nombre de publication et leur parution dans des journaux à haut impact factor est variable. Un même individu placé dans différents laboratoires n’aurait donc pas un même CV !! Or la capacité intellectuelle d’un individu est propre à cet individu et n’est pas une variable selon le lieu d’étude...N’est ce pas cette capacité munie de l’expérience qui est nécessaire à un travail scientifique ?

    En bref, j’apprécie beaucoup la lecture de ces paragraphes, me montrant ainsi qu’il n’existe pas une pensée unique comme on essaie de nous l’inculquer.

    E.Di Scala

  • Pour la création d’un nouveau statut de post-doctorant

    10 mars 2004, par Yannick Comenge

    Je suis d’avis qu’il faut parfois dépoussiérer les statuts. Ils sont souvent adaptés à une époque ou un age d’or qui est bien limité dans le temps. Ils sont nécessaires pour faire aboutir la grandeur d’un pays ou d’une conditions humaines mais après quelques longues années de loyaux services, ils déviennent obsolètes.

    C’est peut etre le cas du post-doctorat actuel, tout pays confondu. Il me parait trop court et inadapté à la vie des chercheurs. Que peut on battir pendant 8 mois ou une année voire deux ? Pas grand chose.
    D’autres part, le post-doctorat est devenu nécessaire car bien trop souvent le thézard en fin d’étude a été aidé par des techniciens ou des supérieurs très aimants. Il est confronté ensuite à la réalité internationale de manière brutale. Et, il vaut mieux juger ces capacités et son adaptabilité sur plus long terme. Pour certains, un rallongement de la durée du post-doctorat pourrait etre vécu comme une précarisation. Je le vois différemment. Je le sens comme un défi sportif qui peut permettre une vie de famille tout de meme. Un post-doctorat de 4 ou 5 ans semble une option intelligente si on conçoit qu’elle peut etre aidée par un salaire revalorisé. Plus de temps pour publier mieux et plus : cela va dans le sens aussi d’une meilleure rétribution intellectuelle. Je vois beaucoup de post-doctorat qui doivent quitter leur sujet lorsque le domaine devient "pratiquable" ou publiable. A ce stade là des études, le post-doc est rempalcé souvent par un doctorant qui alors est propulsé vers une thèse glorieuse avec moulte articles.

    Rallonger le délai du post-doctorat apporte plus de reconnaissance à une fonction essentielle à la recherche dans les labo. Enfin, rallonger le salaire correspondant à cette fonction est aussi importante.

    Je ne critiquerai pas les statutaires, j’en connais de brillants qui’épuisent à contrebalancer la nonchalance des autres. Dommage pour eux que le système soit tiré vers le bas par des gens qui n’ont plus d’ambition pour eux meme.

  • > Contre la création d’un nouveau statut de post-doctorant

    9 janvier 2004, par Dorian McILROY

    Chère Madame Conjeaud,

    En lisant votre article, j’ai eu l’impression que vous viviez dans un bizarre univers parallèle ou tous les chercheurs statutaires sont brillants et gèrent leurs projets de recherche avec une compétence et une efficacité exemplaire. Malheureusement, dans l’univers scientifique français dans lequel je vie, j’ai remarqué une fréquence alarmante de statutaires qui

    A. N’ont jamais d’idées scientifiques,
    B. Ne connaissent qu’une seule technique experimentale, ou
    C. N’ecrivent jamais de demandes de financement, ni de publications scientifiques.

    A mon avis, le recrutement statutaire précoce est responsable de cette situation, car en selectionnant des chercheurs pendant ou juste après la thèse, la sélection était basée en grande partie sur les compétences du directeur de thèse, et non sur celles du candidat.

    Le recrutement de chercheurs statutaires à tour de bras qui semble être reclamé par un grand nombre de contributeurs à ce forum ne ferait que répéter cette erreure, et je crains n’améliorerait pas la qualité de la recherche scientifique française. Par contre, la création d’un statut post-doc (durée de 2-3 ans renouvelable, remplaçant le grade CR2), et d’un équivalent des postes "tenure track" (5 ans renouvelable une fois, remplaçant CR1) avant le recrutement au niveau DR, serait une solution positive du problème. Pour ma part, je n’ai pas de problème avec les postes non-statutaires si le niveau de rémunération est correcte, et si la durée est suffisamment longue pour réellement développer un thème de recherche.

    J’attends les inévitables hurlements de colère .........

    • > Contre la création d’un nouveau statut de post-doctorant

      14 janvier 2004, par conjeaud

      Cher Monsieur Mc Ilroy,

      La lecture de votre réponse suggère soit a) que mon texte est incompréhensible. b) que nous vivons effectivement dans des univers parallèles. c) les 2 à la fois.

      Pour résumer je souhaitais : 1) rappeler l’intérêt évident pour les "encadrants" statutaires de disposer d’une main d’oeuvre corvéable. 2) montrer qu’il existe autant d’arguments "scientifiques" défavorables à la multiplication et l’allongement des statuts précaires que d’arguments favorables tels que vous les défendez.

      Je terminais en précisant qu’il me semblait impossible de trancher "rationellement" entre ces deux argumentations, car si elles aboutissent à des positions contradictoires, ce n’est probablement pas en raisons d’erreur de raisonnement logique de l’une ou l’autre, mais parce qu’elles se placent dans des espaces différents (devrais-je dire parallèles ?) de valeurs, de finalités, ...

      Pourquoi cet appel aux hurlements de colère parce que nous ne partageons pas les mêmes analyses ?

    • > Contre la création d’un nouveau statut de post-doctorant

      26 février 2004, par Charles Plessy

      Ne faut-il pas plutôt voir :

      - Le fruit d’une procédure de recrutement expéditive, pour ne pas dire plus...

      - Un manque de volonté quant à l’organisation d’une évaluation ayant des conséquences sérieuses sur les carrières.

      Afin de donner un caractère plus scientifique à la discussion, je propose de comparer la population visée (les CR) à une population de contrôle (les DR). Le recrutement au niveau DR étant lui-même un concours, il me semble que les défauts A, B, et C devraient être significativement plus rares dans cette population dans l’hypothèse où le recrutement jeune serait effectivement une aberration. Si ce n’est pas le cas, le mode de recrutement que vous proposez ne devrait pas avoir un impact positif sur la recherche française.

      Charles